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Mettez ensemble un corse, un américain et un anglais et qu'est-ce que ca donne?... La Polcie,voyons. Du moins c'est ce que prétend [[Stewart Copeland]], le batteur et yankee du groupe.... Paraît que c'est une blague!
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J'ai vu Police au Festival de la Pentecôte à Colmar où ils firent un triomphe... Comment dire, à retardement. Ce n'était pas du genre une-foule-hystérique-debout-sur-les-chaises quand ils quittèrent la scène, mais à mesure que la soirée se déroulait je m'apercevais que l'on parlait beaucoiup de ce groupe "inconnu". Et lorsque Dr. Feelgood, la vedette du festival, eut terminé sa prestation qui m'a semblé atteinte d'un professionalisme au stade final, l'étoile de Police montait encore. J'ai beaucoup d'espoir en leur avenir.
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Mettez ensemble un corse, un américain et un anglais et qu'est-ce que ça donne?... La Police, voyons. Du moins c'est ce que prétend [[Stewart Copeland]], le batteur et yankee du groupe.... Paraît que c'est une blague!
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J'ai vu Police au Festival de la Pentecôte à Colmar où ils firent un triomphe... Comment dire, à retardement. Ce n'était pas du genre une-foule-hystérique-debout-sur-les-chaises quand ils quittèrent la scène, mais à mesure que la soirée se déroulait je m'apercevais que l'on parlait beaucoup de ce groupe "inconnu". Et lorsque Dr. Feelgood, la vedette du festival, eut terminé sa prestation qui m'a semblé atteinte d'un professionnalisme au stade final, l'étoile de Police montait encore. J'ai beaucoup d'espoir en leur avenir.
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Alors, écoutez ce que dit [[Stewart Copeland]], ça vaut le coup pour deux raisons:
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1) il a été de l'autre côté de la barrière, ayant joué du rock-progressif au sein de [[Curved Air]], ce qui rend l'équation: punk-rock=alibi pour incompétent musical plus débile que jamais;
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2) il a vraiment quelque chose à dire et il le dit bien! Ce n'est pas si commun que ça dans le rock.
  
Alors, écoutez ce que dit [[Stewart Copeland]], ca vaut le coup pour deux reaisons:
 
1) il a été de l'autre côté de la barrière, ayant joué du rock-progressif aus ein de [[Curved Air]], ce qui rend l'équation: punk-rock=alibi pour incompétant musical plus débile que jamais;
 
2) il a vraiment quelque chose à dire et il le dit bien! Ce n'est pas si commun que ca dans le rock.
 
  
 
NORBERT SPARROW - ''Police est né de quelle manière?''
 
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STEWART COPELAND - "Je tenais la batterie pour Curved Air; [[Sting]] (basse) fouait avec [[Last Exit]], un groupe de jazz qui s'était fait un norm à Newcastle; et Henry (guitare) se tripotait à Aix. [[Sting]] en avait marre de jouer des accords compliqués pour un public constipé et moi j'étais dans une position semblable avec [[Curved Air]] qui joue du rock néoclassique très sérieux... C'en était trop justement. Il s'est passé deux choses qui m'ont poussé à renoncer à mes vieilles valeurs: une, j'ai réécouté mes vieux disques d'Hendrix et je me suis dit "Funckman, qu'est-ce qu'il reste de tout ca!". Et deuxièmement, j'ai organisé une boum chez moi et les Sex Pistols sont venus ainsi que d'autres groupes. Des bagarres ont éclaté sur le choix du disque à passer! Ca faisait des années que je n'avais pas vu quelque chose comme ca... Jusque-là c'était peace, love et brown rice. du coup, je n'écoute plus Little Feat!".
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STEWART COPELAND - "Je tenais la batterie pour Curved Air; [[Sting]] (basse) jouait avec [[Last Exit]], un groupe de jazz qui s'était fait un nom à Newcastle; et Henry (guitare) se tripotait à Aix. [[Sting]] en avait marre de jouer des accords compliqués pour un public constipé et moi j'étais dans une position semblable avec [[Curved Air]] qui joue du rock néoclassique très sérieux... C'en était trop justement. Il s'est passé deux choses qui m'ont poussé à renoncer à mes vieilles valeurs: une, j'ai réécouté mes vieux disques d'Hendrix et je me suis dit "Funckman, qu'est-ce qu'il reste de tout ça!". Et deuxièmement, j'ai organisé une boum chez moi et les Sex Pistols sont venus ainsi que d'autres groupes. Des bagarres ont éclaté sur le choix du disque à passer! Ca faisait des années que je n'avais pas vu quelque chose comme ca... Jusque-là c'était peace, love et brown rice. Du coup, je n'écoute plus Little Feat!".
  
  
 
N.S. - ''Alors ce qui vous a attiré au punk-rock c'était l'agitation (excitement) qu'il provoquait?''
 
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S.C. - "Ouais, son urgence. Jouer pour le public de Curved Air est marrant d'une facon parce qu'il y a une grande scène, les gens écoutent très attentivement... C'est un exercice intellectuel et c'est valable dans ce sens-là. Mais à un gig de Police, comme quand on a joué au Roxy, il n'y a rien de comparable à cette vibration! Les kids commencent à sauter partout... C'est un véritable freak-out; de la folie!".
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S.C. - "Ouais, son urgence. Jouer pour le public de Curved Air est marrant d'une façon parce qu'il y a une grande scène, les gens écoutent très attentivement... C'est un exercice intellectuel et c'est valable dans ce sens-là. Mais à un gig de Police, comme quand on a joué au Roxy, il n'y a rien de comparable à cette vibration! Les kids commencent à sauter partout... C'est un véritable freak-out; de la folie!".
 
 
  
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N.S. - ''Il y a également une identification stylistique de la part du public qui ne s'est pas vu d'une manière aussi vaste depuis 1967.''
 
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S.C. - "Juste. Ce n'est pas eulement de la musique, ca entraîne l'appartenance à un groupe social quis'habille d'une certaine facon, qui rejette les vieux héros et qui en élit des nouveaux qui représentent ''cette'' génération et non pas la précédente. Quand j'ai commencé à aller voir les Stones, les Who, ils jouaient déjà dans les grands stades pour des milliers de personnes... Je n'étais pas là au début, je n'avais pas acheté leurs premiers disques. Jethro Tull m'ennue à mort maintenant: il fait de la musique à écouter quand vous "purgez une hypothèque!". Les gens qui écoutent Tull maintenant sont vieux, ils ont un loyer à payer, leur premier bébé arrive...".
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S.C. - "Juste. Ce n'est pas seulement de la musique, ça entraîne l'appartenance à un groupe social qui s'habille d'une certaine façon, qui rejette les vieux héros et qui en élit des nouveaux qui représentent ''cette'' génération et non pas la précédente. Quand j'ai commencé à aller voir les Stones, les Who, ils jouaient déjà dans les grands stades pour des milliers de personnes... Je n'étais pas là au début, je n'avais pas acheté leurs premiers disques. Jethro Tull m'ennuie à mort maintenant: il fait de la musique à écouter quand vous "purgez une hypothèque!". Les gens qui écoutent Tull maintenant sont vieux, ils ont un loyer à payer, leur premier bébé arrive...".
  
  
N.S. - ''Ne crois-tu pas qu'Ian Anderson est conscient de cela: "too old to rock and roll, too young to die" précise sa situation assez clairemtent.''
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S.C. - "Bien sûr, il a choisi son public et il joue pour eux; ses goûts, comme ceux de ses fans, sont devenus plus sophistiqués. Cela se passerait de la même facon pour la nouvelle vague mais on s'en fout de l'avenir, nous sommes concernés par le présent. Ecoute, quand tu vas voir les Damned, shit, ils vont tout droit aux kids, ils ne sont pas inféodés au passé et ils vont grandir avec leur public... nous vivons l'histoire en train de se faire.  Ca ne s'est pas passé depuis les jours où on allait voir les Who au [[Marquee]] Club".  
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S.C. - "Bien sûr, il a choisi son public et il joue pour eux; ses goûts, comme ceux de ses fans, sont devenus plus sophistiqués. Cela se passerait de la même façon pour la nouvelle vague mais on s'en fout de l'avenir, nous sommes concernés par le présent. Ecoute, quand tu vas voir les Damned, shit, ils vont tout droit aux kids, ils ne sont pas inféodés au passé et ils vont grandir avec leur public... nous vivons l'histoire en train de se faire.  Ca ne s'est pas passé depuis les jours où on allait voir les Who au [[Marquee]] Club".  
  
  
 
N.S. - ''Ca revient à "j'espère mourir avant d'être vieux"; nous contre vous.''
 
N.S. - ''Ca revient à "j'espère mourir avant d'être vieux"; nous contre vous.''
  
S.C. - "C'est comme quand un gosse part de chez lui: il doit se faire les dents sur son père simplement pour savoir qu'il est capable de le faire. Il doit assumer sa propre identité. Plus tard il réalise qu'il n'avait qu'a franchir la port et que le reste était inutile".
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S.C. - "C'est comme quand un gosse part de chez lui: il doit se faire les dents sur son père simplement pour savoir qu'il est capable de le faire. Il doit assumer sa propre identité. Plus tard il réalise qu'il n'avait qu'à franchir la porte et que le reste était inutile".
  
  
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N.S. - ''Côté disque, qu'est-ce que vous faites?''
 
N.S. - ''Côté disque, qu'est-ce que vous faites?''
  
S.C. - "On vient de sortir notre premier 45 T. ''[[Fall Out]]'', sur notre propre label, [[Illegal Records]], distibué par [[Faulty Products]] (Produits Défectueux). C'est le pied... Tu comprends, avec [[Curved Air]] nous entrions dans un immense studio avec un budget énorme, le producteur-qui-vient-de-L.A., et dans une situation comme ca tu ne peux prendre des risques. Il y a tellement de fric impliqué qu'il faut plaire au maximum de gens et ce qui en sort alors c'est du muzak. Avec un groupe comme celui-là, le public attend une grosse sono, un disque où la musique est subtilement entrecroisée. Les kids qui écoutent Police ne demandent que le feeling. Le son sur le simple est fantastique pour le genre de musique que nous jouons... Aucune des techniques d'enregistrement que nous avions dans [[Curved Air]] et qui enlèvent toute la spontanéité".
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S.C. - "On vient de sortir notre premier 45 T. ''[[Fall Out]]'', sur notre propre label, [[Illegal Records]], distibué par [[Faulty Products]] (Produits Défectueux). C'est le pied... Tu comprends, avec [[Curved Air]] nous entrions dans un immense studio avec un budget énorme, le producteur-qui-vient-de-L.A., et dans une situation comme ça tu ne peux prendre des risques. Il y a tellement de fric impliqué qu'il faut plaire au maximum de gens et ce qui en sort alors c'est du muzak. Avec un groupe comme celui-là, le public attend une grosse sono, un disque où la musique est subtilement entrecroisée. Les kids qui écoutent Police ne demandent que le feeling. Le son sur le simple est fantastique pour le genre de musique que nous jouons... Aucune des techniques d'enregistrement que nous avions dans [[Curved Air]] et qui enlèvent toute la spontanéité".
 
 
  
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N.S. - ''Vous avez également joué avec [[Cherry Vanilla]].''
 
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S.C. - "Oui, pendant deux mois. Cherry est arrivée à Londres, de New York, et elle cherchait un batteur et guitariste pour compléter son groupe. Comme nous étions sur le point de partir en tournèe, on l'a fait ensemble. Police faisait un set d'une demi-heure et puis Cherry faisait le sien. Parfois, comme quand on a joué au Nashville, [[Sting]] et moi, nou jouions quatre sets par soir.
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S.C. - "Oui, pendant deux mois. Cherry est arrivée à Londres, de New York, et elle cherchait un batteur et guitariste pour compléter son groupe. Comme nous étions sur le point de partir en tournée, on l'a fait ensemble. Police faisait un set d'une demi-heure et puis Cherry faisait le sien. Parfois, comme quand on a joué au Nashville, [[Sting]] et moi, nous jouions quatre sets par soir.
 
 
  
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N.S. - ''Fatiguant?...''
 
N.S. - ''Fatiguant?...''
  
 
S.C. - "Pas vraiment. Ca réchauffe plutôt que d'épuiser les forces".
 
S.C. - "Pas vraiment. Ca réchauffe plutôt que d'épuiser les forces".
  
 
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N.S. - ''Que pensez-vous des groupes de la nouvelle vague?''
 
N.S. - ''Que pensez-vous des groupes de la nouvelle vague?''
  
S.C. - "Johnny Thunder and hte Heartbreakers sont numéro un, sans aucun doute. ([[Sting]], assis dans un coin, énonce un "bullshit"). [[Sting]] n'aime aucun groupe punk."
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S.C. - "Johnny Thunder and the Heartbreakers sont numéro un, sans aucun doute. ([[Sting]], assis dans un coin, énonce un "bullshit"). [[Sting]] n'aime aucun groupe punk."
  
  
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STING - "Moi? Rien du tout... Je suis un vrai membre de la blank generation. J'aime le rock-nihiliste, c'est ce que nous jouons".
 
STING - "Moi? Rien du tout... Je suis un vrai membre de la blank generation. J'aime le rock-nihiliste, c'est ce que nous jouons".
  
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Propos recueillis par Norbert Sparrow
 
Propos recueillis par Norbert Sparrow
  

Revision as of 14:50, 25 July 2009


1977-05-29
1977 05 29 colmarlive norbertsparrow.jpg
a photo from this concert - copyright Norbert Sparrow
1977 05 29 stewartbackstage norbertsparrow.jpg
Stewart backstage at Colmar - copyright Norbert Sparrow
1977 05 29 ticket.jpg
a ticket for this concert
Performance summary
Artist performing: Dr. Feelgood
Tour: 1977 The Police performances (pre-Andy Summers)
Venue: Parc des Expositions (amphitheatre)
Location: Colmar, France
Support acts: The Police, Hopper-Dean-Tippett-Gallivan, Nico
Ticket prices: 50 Francs


On 1977-05-29, The Police performed at the amphitheatre of the Parc des Expositions in Colmar, France.

Setlist

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Recording information

This section needs more information. Please note if an official or unofficial recording, or recording(s), is known to exists of this performance.

Trivia

One day after the Strontium 90 gig (without a perfomance by The Police / Henry Padovani) The Police supported Dr. Feelgood at a festival in Colmar, France.

Rock En Stock No. 6 (1977) featured an article about The Police with a few photos and a Stewart Copeland interview by Norbert Sparrow. Here's that feature used with kind permission of Norbert Sparrow (with a few spelling corrections).


POLICE


Mettez ensemble un corse, un américain et un anglais et qu'est-ce que ça donne?... La Police, voyons. Du moins c'est ce que prétend Stewart Copeland, le batteur et yankee du groupe.... Paraît que c'est une blague!

J'ai vu Police au Festival de la Pentecôte à Colmar où ils firent un triomphe... Comment dire, à retardement. Ce n'était pas du genre une-foule-hystérique-debout-sur-les-chaises quand ils quittèrent la scène, mais à mesure que la soirée se déroulait je m'apercevais que l'on parlait beaucoup de ce groupe "inconnu". Et lorsque Dr. Feelgood, la vedette du festival, eut terminé sa prestation qui m'a semblé atteinte d'un professionnalisme au stade final, l'étoile de Police montait encore. J'ai beaucoup d'espoir en leur avenir.

Alors, écoutez ce que dit Stewart Copeland, ça vaut le coup pour deux raisons: 1) il a été de l'autre côté de la barrière, ayant joué du rock-progressif au sein de Curved Air, ce qui rend l'équation: punk-rock=alibi pour incompétent musical plus débile que jamais; 2) il a vraiment quelque chose à dire et il le dit bien! Ce n'est pas si commun que ça dans le rock.


NORBERT SPARROW - Police est né de quelle manière?

STEWART COPELAND - "Je tenais la batterie pour Curved Air; Sting (basse) jouait avec Last Exit, un groupe de jazz qui s'était fait un nom à Newcastle; et Henry (guitare) se tripotait à Aix. Sting en avait marre de jouer des accords compliqués pour un public constipé et moi j'étais dans une position semblable avec Curved Air qui joue du rock néoclassique très sérieux... C'en était trop justement. Il s'est passé deux choses qui m'ont poussé à renoncer à mes vieilles valeurs: une, j'ai réécouté mes vieux disques d'Hendrix et je me suis dit "Funckman, qu'est-ce qu'il reste de tout ça!". Et deuxièmement, j'ai organisé une boum chez moi et les Sex Pistols sont venus ainsi que d'autres groupes. Des bagarres ont éclaté sur le choix du disque à passer! Ca faisait des années que je n'avais pas vu quelque chose comme ca... Jusque-là c'était peace, love et brown rice. Du coup, je n'écoute plus Little Feat!".


N.S. - Alors ce qui vous a attiré au punk-rock c'était l'agitation (excitement) qu'il provoquait?

S.C. - "Ouais, son urgence. Jouer pour le public de Curved Air est marrant d'une façon parce qu'il y a une grande scène, les gens écoutent très attentivement... C'est un exercice intellectuel et c'est valable dans ce sens-là. Mais à un gig de Police, comme quand on a joué au Roxy, il n'y a rien de comparable à cette vibration! Les kids commencent à sauter partout... C'est un véritable freak-out; de la folie!".


N.S. - Il y a également une identification stylistique de la part du public qui ne s'est pas vu d'une manière aussi vaste depuis 1967.

S.C. - "Juste. Ce n'est pas seulement de la musique, ça entraîne l'appartenance à un groupe social qui s'habille d'une certaine façon, qui rejette les vieux héros et qui en élit des nouveaux qui représentent cette génération et non pas la précédente. Quand j'ai commencé à aller voir les Stones, les Who, ils jouaient déjà dans les grands stades pour des milliers de personnes... Je n'étais pas là au début, je n'avais pas acheté leurs premiers disques. Jethro Tull m'ennuie à mort maintenant: il fait de la musique à écouter quand vous "purgez une hypothèque!". Les gens qui écoutent Tull maintenant sont vieux, ils ont un loyer à payer, leur premier bébé arrive...".


N.S. - Ne crois-tu pas qu'Ian Anderson est conscient de cela: "too old to rock and roll, too young to die" précise sa situation assez clairement.

S.C. - "Bien sûr, il a choisi son public et il joue pour eux; ses goûts, comme ceux de ses fans, sont devenus plus sophistiqués. Cela se passerait de la même façon pour la nouvelle vague mais on s'en fout de l'avenir, nous sommes concernés par le présent. Ecoute, quand tu vas voir les Damned, shit, ils vont tout droit aux kids, ils ne sont pas inféodés au passé et ils vont grandir avec leur public... nous vivons l'histoire en train de se faire. Ca ne s'est pas passé depuis les jours où on allait voir les Who au Marquee Club".


N.S. - Ca revient à "j'espère mourir avant d'être vieux"; nous contre vous.

S.C. - "C'est comme quand un gosse part de chez lui: il doit se faire les dents sur son père simplement pour savoir qu'il est capable de le faire. Il doit assumer sa propre identité. Plus tard il réalise qu'il n'avait qu'à franchir la porte et que le reste était inutile".


N.S. - Que dites-vous aux gens qui vous accusent (par vous j'entends le punk-rock dans sa globalité) d'être des crypto-fascistes?

S.C. - "Shit! Nous ne sommes pas fascistes. A Londres, j'ai vu que le National Front (un groupe d'extrême-droite) cherchait à s'allier aux Sex Pistols et les Pistols ont immédiatement dit qu'ils n'avaient rien à faire avec cela. Punk-rock est apolitique. Je me fous complètement de la politique... Je ne suis pas un socialiste et le capitalisme n'est qu'un moyen pour certains de s'enrichir plus vite. Tout système, qu'importe son éthique, peut être abusé... So fuck it!".


N.S. - Tu es anarchiste?

S.C. - "NON! Je suis un "surviviste"!".


N.S. - Côté disque, qu'est-ce que vous faites?

S.C. - "On vient de sortir notre premier 45 T. Fall Out, sur notre propre label, Illegal Records, distibué par Faulty Products (Produits Défectueux). C'est le pied... Tu comprends, avec Curved Air nous entrions dans un immense studio avec un budget énorme, le producteur-qui-vient-de-L.A., et dans une situation comme ça tu ne peux prendre des risques. Il y a tellement de fric impliqué qu'il faut plaire au maximum de gens et ce qui en sort alors c'est du muzak. Avec un groupe comme celui-là, le public attend une grosse sono, un disque où la musique est subtilement entrecroisée. Les kids qui écoutent Police ne demandent que le feeling. Le son sur le simple est fantastique pour le genre de musique que nous jouons... Aucune des techniques d'enregistrement que nous avions dans Curved Air et qui enlèvent toute la spontanéité".


N.S. - Vous avez également joué avec Cherry Vanilla.

S.C. - "Oui, pendant deux mois. Cherry est arrivée à Londres, de New York, et elle cherchait un batteur et guitariste pour compléter son groupe. Comme nous étions sur le point de partir en tournée, on l'a fait ensemble. Police faisait un set d'une demi-heure et puis Cherry faisait le sien. Parfois, comme quand on a joué au Nashville, Sting et moi, nous jouions quatre sets par soir.


N.S. - Fatiguant?...

S.C. - "Pas vraiment. Ca réchauffe plutôt que d'épuiser les forces".


N.S. - Que pensez-vous des groupes de la nouvelle vague?

S.C. - "Johnny Thunder and the Heartbreakers sont numéro un, sans aucun doute. (Sting, assis dans un coin, énonce un "bullshit"). Sting n'aime aucun groupe punk."


N.S. - Qu'est-ce que tu aimes alors, Sting?

STING - "Moi? Rien du tout... Je suis un vrai membre de la blank generation. J'aime le rock-nihiliste, c'est ce que nous jouons".


Propos recueillis par Norbert Sparrow

See also

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External links

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References

sources: ticket; BEST July 1980; Henry Padovani; Broken Music; Rock En Stock No. 6, 1977; photos; photographer's information (Norbert Sparrow); Dr.Feelgood website